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Clavius 166
CLAVIUS 166
    


PREAMBULE

Cette nouvelle page a pour vocation de tenter de répondre aux nombreuses questions que l'on me pose régulièrement sur mon avis concernant le Clavius 166.
Avant de commencer je tiens à dire qu'ici je ne parlerai de mon expérience uniquement avec le Clavius de première génération. Depuis deux ans, le Clavius a évolué pour se perfectionner et pour se différencier encore plus des instruments basés sur des principes optiques tellement bien maîtrisés que l'on est en droit de se demander pourquoi les coûts de ces instruments restent aussi élevés ?
Sur cette page, comme à mon habitude, je ne pratiquerai pas un discours de langue de bois. D'abord parce que celà n'est pas dans ma nature mais aussi parce que, suite à mes travaux réalisés avec cet instrument, j'ai été l'objet de discussions à la limite de la diffamation tout comme le Clavius ou ses auteurs ont fait l'objet de ces mêmes propos intolérables de la part de personnes qui ne se sont même pas donné la peine de tester ou de contempler cet instrument.

Cette page fera état d'un bilan tiré de mes observations, des réponses aux questions les plus courantes qui me sont posées et des liens vers d'autres sites traitant du Clavius en détails. Alors, si vous n'êtes pas encore découragés je vous souhaite une bonne lecture.

BILAN

RAPPELS : Je possède cet instrument depuis juillet 2002. Mes observations se sont principalement déroulées en milieu urbain depuis mon balcon, ce qui explique pourquoi je me suis orienté vers des observations planétaires plutôt que stellaires. Celà, bien sûr, ne veut pas dire que le Clavius est un instrument exclusivement dédié à ce type d'observation, bien au contraire. Lors de mes sorties en pleine nature, que je fais principalement accompagnées d'autres amateurs ou dans le cadre d'animations scolaires, les objets du ciel profond ont été particulièrement appréciés avec cet instrument. Selon mon avis et ceux d'autres amateurs la première impression que nous donne le Clavius à l'oculaire est le contraste de l'image. Sur la lune ou les planètes c'est encore plus flagrant étant donné que ces astres offrent plus de détails. La majorité des observateurs expérimentés ne manquent pas de dire que le Clavius offre une qualité d'image comparable à ce qu'offre d'autres instruments de diamètres de 200mm voire plus dans certains cas. Ce qui est certain, c'est que le Clavius 166 offre des performances équivalentes à ce que l'on obtient avec une lunette apochromatique d'un diamètre à peine inférieur. Combien coûte une telle lunette ? Quel est son poids et son encombrement ?

FINITIONS ET USAGES :
Le tube : conçu en fibre de carbone, le Clavius bénéficie d'une bonne rigidité et d'une grande rapidité à se mettre à la température ambiante. En effet, il lui faut parfois moins des 30 minutes habituelles pour se stabiliser alors qu'il me fallait plus d'une heure avec mon C8 ou mon Newton 200mm ! Si vous possédez une monture de type Perl-Vixen GP ou mieux encore, vous n'aurez aucun soucis avec un quelconque phénomène de vibration dans des conditions d'observation résonnables bien entendu. Si le vent soufle en rafale, même pas la peine de sortir quelque soit l'instrument.
Le chercheur : celui-ci bénéficie de deux anneaux dotés de trois vis de serrage ; le tout monté sur une queue d'aronde. Je dois dire qu'à l'usage, celui-ci est bien fait, car j'interviens rarement sur l'alignement du chercheur avec le tube. On le monte et le démonte en 1 sec sans perte du parallélisme. C'est un chercheur 8x50 de bonne facture, avec une qualité d'image plutôt bonne même si on observe un peu de coma en bordure de champ. Ceci dit, depuis que j'observe, quelque soit les instruments et les chercheurs je ne m'y suis jamais fait. Je l'utilise principalement pour affiner ma recherche d'objet quand le besoin s'en fait sentir, autrement je préfère profiter du confort offert par un telrad.
Le Crayford : on ne trouve pas plus simple dans le principe. Associé à la qualité optique du Clavius, le Crayford permet de réussir à tous les coups sa mise au point avec un bon confort dans la manipulation de la molette à condition de ne pas trop serrer les vis maintenant cette dernière. Grâce à ces vis, on règle la souplesse ou la dureté du déplacement du porte-oculaire. De plus, ce système offre une complète absence de jeu dans le déplacement du porte-oculaire, ce qui me change des problèmes que je rencontre avec ma lunette dédiée aux observations solaires et à mon ancien C8. Hé oui, sur le Clavius le miroir primaire est absolument fixe. Grâce à la robustesse du porte-oculaire, on n'est gêné par aucune torsion de l'ensemble ni aucun jeu. J'ai utilisé une caméra ST6 (plus de 1Kg, la bête) derrière le renvoi coudé et j'utilise un appareil photo numérique Casio qui pèse dans les 400 g ; avec ces deux matériels aucune faiblesse ne se fait sentir. Toutefois, si le tube est incliné à plus de 45° par rapport à l'horizon il devient nécessaire de serrer la vis principale afin que plus rien ne se déplace. Je parle bien sûr, je le rappelle, du Clavius 1ère génération. Sur la seconde version, il semble que cet ensemble ait évolué.
Le renvoi coudé : C'est une belle pièce dont le miroir fait 50mm de diamètre tout aussi robuste que le porte-oculaire. Celui-ci est maintenu par une bague de laiton serrée par 3 vis. Il faut faire attention tout de même à bien positionner le renvoi coudé contre le porte-oculaire pour ne pas voir le champ se tronquer. C'est en quelque sorte un contrôle de l'alignement optique de l'ensemble. Cette pièce peut recevoir tout type de diamètres d'oculaires de 24.5 à 50.8mm.
Le miroir secondaire : Comme toutes les pièces optiques de l'instrument celui-ci est sphérique et ne craint pas l'humidité comme j'ai pu le lire parfois si on prend soin de rajouter un pare-buée à l'ouverture. J'ai toujours fonctionné ainsi, et même dans des conditions de grande humidité comme j'ai pu rencontrer au col du Ferrier au-dessus de Grasse, je n'ai jamais eu de soucis contrairement au chercheur qui, lui, était trempé. Avec moins de 24% d'obturation du miroir primaire, le secondaire est supporté par une araignée dont les branches sont extrêmement fines et rigides. Sur la question de la collimation, en deux ans, je ne l'ai collimaté qu'une seule fois ; et encore parce que je suis devenu pointilleux avec l'expérience.
Le relai : C'est ce qui fait l'originalité du Clavius. Là où on trouve des instruments dotés d'une lame de correction de sphéricité des miroirs, on trouve un ensemble de six lentilles dans verre Extra Low Dispersion qui remplit parfaitement ce rôle et qui permet surtout de s'affranchir de la buée. Combien de fois, j'ai dû interrompre mes observations avec mon Schmidt-Cassegrain lorsque la lame en était complètement recouverte ? De plus, grâce à cette pièce le champ est très plan comparé aux autres instruments. C'est flagrant lorsque l'on s'amuse à faire des mosaiques lunaires. Comme par enchantement, les pièces du puzzle correspondent parfaitement entre elles. Le relai est aussi la partie "presque" invisible de l'instrument. On ne peut voir que la première lentille à l'extrêmité du baffle à l'intérieur du tube et la dernière lentille au niveau du porte-oculaire. Le principe du relai, en plus de remplacer la lame de fermeture des traditionnels Cassegrain est de projeter à l'arrière du tube l'image au foyer se formant à l'intérieur du tube cette fois-ci. C'est un principe vieux de plus de cent ans mais dont la conception est extrêmement difficile à mettre en oeuvre. Grâce à un ingénieux inventeur, Michel Paramythioti, qui a su mettre à profit la simulation informatique, ce relai a enfin été réalisé. Margré les divers spéculations à son sujet et sur la collimation de l'instrument, en deux ans, tout est resté en place malgré le fait que parfois mon Clavius est rudement mené.
Le miroir primaire : Clavé le garanti à lambda sur 8 par interférométrique laser. C'est bien tout çà ! Personnellement, je ne suis pas du genre à me gaver avec ce type d'arguments. Je laisse çà aux fantasmeurs et aux puristes. Ce que je vois, ce sont les résultats que j'obtiens et j'en suis pleinement satisfait, je ne peux pas en dire autant des instruments que j'ai eu en ma possession ! Cette partie de l'instrument est fixe ce qui rajoute encore de l'intérêt lors des déplacements du télescope. Pas de shifting incessant, pas de crainte de le brusquer un peu.
Les bonnettes de protection : Une petite bonnette de protection vient s'installer faclilement sur le renvoi coudé pour protéger le miroir de la poussière. Par contre, la bonnette servant à boucher l'ouverture du télescope n'est absolument pas pratique à mettre en place. Celle-ci a été conçu trop juste et il ne faut pas être manchot pour l'installer. En deux ans, j'ai encore parfois du mal ! J'espère que ce détail s'est perfectionné avec la deuxième génération d'instrument.

UN INSTRUMENT QUI A FAIT COULE BEAUCOUP D'ENCRE (et c'est pas fini !)

Fin 2000, la revue Ciel&Espace publie un article sur la nouvelle venue du Clavius 166 en le présentant comme un instrument révolutionnaire, le mot qui tue !
Il est vrai qu'en France et surtout dans le domaine de l'astronomie on a tendance à se méfier des titres à sensation surtout lorsque ceux-ci comporte des superlatifs comme celui-ci.
A première vue l'article présente le télescope plutôt comme un instrument de bonne facture, sans plus, en attendant les premiers résultats obtenus en situation réelle par des amateurs. En tout cas, ce qui a été retenu dans le titre, c'est que le Clavius était Ré-vo-lu-tion-naire !
Pensez donc, qu'on allait l'attendre au tournant celui-là. Comment un instrument, appelé "Clavius", de fabrication française (même pas japonaise, ni même américaine ou allemande voire russe) pouvait concurrencer des marques déjà bien installées sur le marché, dont la maîtrise de la technique optique est confirmée. A lire, les différents Posts qui courûrent sur les forums il fût évident que le Clavius risquait de poser quelques soucis aux mastodontes déjà bien établis. Le plus étonnant est que même des amateurs ont sentit l'orage venir. Hé oui, des amateurs dont je tairai les noms (car après tout ils font ce qu'ils veulent) , profitent allègrement sous une forme ou une autre d'intéressements financiers ou matériels de la part de certaines marques à la vue de leurs publications. D'autres, craignent de remettre en cause leur achat fait récemment et voir un télescope de diamètre inférieur à la hauteur de celui qu'ils possèdent. Certains encore, ne jurent que par un type ou un autre type de télescope. Ainsi, on peut lire çà et là : "rien ne vaut un bon Dobson", "rien n'est meilleur qu'une lunette apochromatique", "rien ne surclasse un Maksutov ou un Richtey-Chrétien" ou encore "rien n'est mieux qu'un simple Newton ou un Schmidt-Cassegrain". Bon, j'exagère un peu, mais dans l'esprit c'est çà ; et chacun défend son propre instrument, ce qui est légitime après tout. Défendre ? Contre quoi ? Alors comment un tel télescope comme le Clavius allait faire face à une telle concurrence ?
Je vous rassure, face à l'inquiétude, il n'a pas fallu longtemps à certains pour le descendre en flèche ! Et ce fût réussit, je dois dire. L'instrument qui avait tout pour réussir allait vite connaître des jours sombres, surtout ses concepteurs qui en plus d'être bafoués allaient connaître des démêlés avec la boîte chargée de fabriquer le télescope et de le vendre. Vraiment, c'était mal parti, et la perche allait être involontairement tendue pour le coup de grâce !
En juillet 2002, je reçois donc mon instrument. Je fais quelques tests rapides depuis mon balcon sur des étoiles et la lune. Détectant un souci au niveau de la mise au point qui me semblait pas franche, je demandais à ma fiancée (doctorante à l'époque) de jeter un oeil. En effet, petit soucis, même gros soucis. Bref, pourtant quand la mise au point semble faite, l'image semble très correcte. Quelques jours plus tard, je suis convié à une star-party à Mons où plutôt mon Clavius est convié. J'installe mon instrument qui ne manque pas de faire des curieux. Tu m'étonnes ! Cà fait un an et demi qu'on attend de lui casser la gueule. En attendant la nuit, chacun va pour dire, que l'instrument semble être de construction sérieuse, belle finition, etc... Bref, bel instrument ! En début de soirée, je pointe plusieurs objets du ciel profond. Là, les gens sont ravis : "belle image, beau contraste, belle finesse..." J'en oublie un peu mon soucis rencontré auparavant.
Lors de ces rencontres amicalement, il y a toujours le spécialiste de quelque chose qui traine quelque part près à déceler les soucis de chacun. Lorsqu'un spécialiste de l'optique s'est présenté à moi pour faire quelques tests du Clavius, pour voir ce qu'il a dans le ventre, j'ai dit "pas de problème", vas-y (hé ! Moi aussi j'ai envie de savoir ce que cache la bête !). Sur ce, il effectue un star-test (à l'époque je ne savais même pas ce que c'était) qui l'inquiête un peu et effectue un test de Ronchi (encore pire !) pour confirmer le problème. En effet, le Clavius souffre de défaut de sphéricité ! Tiens, tu m'étonnes que je n'arrivait pas à faire la mise au point au taquet avec. En discutant, il me conseille vite de renvoyer le télescope chez le fabricant en lui expliquant le problème. Ce que je fais dès le lundi suivant. La société me demande de renvoyé l'instrument pour contrôle, ce que je fais immédiatement. Au retour de l'instrument, le problème demeure et là, je commence à avoir les abeilles comme dirait l'autre. Coup de téléphone à la société qui semble ne pas comprendre et face à mon mécontentement et dans un soucis de satisfaire pleinement ma demande, je me vois payer un voyage vers Paris où je ramène mon instrument. Sur place des télescopes sont sur des bancs d'essais, j'essaie, je choisi, satisfait je repart le soir même pour Grasse avec mon nouvel instrument. Là, je dois dire, le service est tip-top d'autant plus qu'ils sont venus me chercher à la gare et m'ont ramené. Je n'ai pas en mémoire des revendeurs capables d'un tel geste commercial.
Durant ma triste aventure et suite à la star-party, les posts sont allés bon-train sur les forums avant même de connaître le fin fond du problème (soucis de transport, un pièce optique qui se déplace...) On ne cherche pas à savoir pourquoi il y a eu ce soucis mais immédiatement on en tire des conclusions hâtives : "Le Clavius en gros est un instrument qui n'est pas à la hauteur de ses prétentions ! C'est une daube ! Ouf, on a eu chaud !" Ceci, malgré d'autres témoignages de personnes qui possèdent aussi le Clavius et qui en ont été content dès la première utilisation. Après tout, ce n'est pas parce qu'un modèle est défectueux que toute la série l'est. Et puis, l'avantage avec ce type d'optique est que s'il y a un soucis il est visible de suite, on ne peut pas faire autrement. Quand, je pense que certains on des "daubes" comme ils disent et qu'ils ne s'en rendent pas compte au bout de quelques années d'utilisation... Voilà, la perche a été tendue, elle a été saisie par les plus inquiets et les plus jaloux. le Clavius venait de perdre beaucoup de sa crédibilité. Jusqu'au jour où...
Profitant de mon nouvel instrument en remplacement de mon C8, en septembre 2002, je commence à me mettre à la webcam. Ce joujou, m'amuse vraiment, et comme je suis convaincu d'avoir un excellent télescope, j'essaie d'en tirer le meilleur parti possible. Je ne suis pas un surdoué en la matière mais les progrès vont bon-train au fil des lectures et des conseils que je glâne ici et là sur internet. Je me fais la main, avant de partir au travail le matin, sur le Soleil. Rapidement, les images commencent à être diffusées sur internet, toujours en prenant les conseils ici et là d'autres webcamistes. Très vite, sur une liste spécialisée, je commence à déranger avec mes images du Soleil qui se font de plus en plus précises dans le rendu des tâches et de la granulation solaire qui apparait chaque fois que la turbulence veut bien se calmer un peu, alors que d'autres galèrent avec leur instrument de diamètre supérieur.
Au bout d'un certain temps, l'administrateur, avec qui j'ai de bons contacts personnels, m'explique gentiment en décrivant sa propre position, que certains co-listiers se sont plaints auprès de lui de l'abondance de mes images sur la liste (en moyenne 5 par semaine, c'est vrai que c'est beaucoup, non ?). Je lui explique de mon côté que je comprend sa position délicate, que de tels comportements m'étonnent un peu, et que j'avais fait des émules sur l'astronomie solaire avec mes images (avec mes images ou avec mon Clavius ?). Comme ces derniers menaçaient de quitter la liste et que je n'avait pas l'intention de réduire mon rythme de diffusion, je lui est fait savoir que je quittait moi-même la liste plutôt que de laisser partir des gens déjà bien encrés dans celle-ci. Essayant de trouver une autre solution, l'administrateur tenta de me retenir, mais je suis très butté ! Et comme je n'aime pas déranger par ma présence, je préfère partir. Ceci a vallut une petit colère sur la liste de la part de ce même administrateur à qui je n'en veut pas du tout, qu'il se rassure. Pour la petite histoire, ayant marre de modérer la liste par les plaintes, les exigences et les mauvais caractères de certains, lui-même a quitté cette liste quelques mois plus tards.
Je continue donc, de mon côté à faire mes petites images en m'attaquant aux planètes cette fois-ci. Ma première cible est Saturne. Les premières images, quand je les regarde maintenant, sont pitoyables. Je galère un peu. Toujours en m'informant de part et d'autre sur les forums, j'améliore ma technique. Comme pour le Soleil, les progrès avancent mais la météo n'est pas toujours de mon côté, au niveau de la turbulence.
Le 27 janvier 2003, comme à son habitude mon télescope est en station sur le balcon avec webcam, Pc portable, tout le bazard, quoi ! Saturne n'est plus vraiment en bonne position d'observation, car juste après la tombée de la nuit je suis gêné par le balcon du voisin du dessus qui se trouve dans l'alignement Saturne-Télescope. La turbulence ce soir là est plutôt moyenne, je passe près d'une demi-heure au crépuscule à faire une mise au point sur Saturne avec le Clavius, un webcam Philips Toucam Pro montée sur deux barlows en série séparées par un tirage de quelques centimètres. L'image est assez grande sur l'écran d'acquisition du logiciel Qcfocus. Je me dis, c'est juste en luminosité, mais bon, soyons fous, je monte un peu le gain. Si çà donne un résultat correct je serai content. Je fais un ou deux AVIs pour voir comment tout çà se comporte. Dans le même temps, j'affine, grâce au Crayford, la mise au point. Bon, allez, je ne touche plus rien. De plus, je dois préparer à manger pour ce soir, car la copine va pas tarder et elle a toujours faim, elle ! De temps en temps je surveille l'écran pour voir si la planète est toujours centrée. J'ajuste un peu car elle s'est déplacée et là ... L'image ressemble à une image fixe ! Rien ne semble bouger, on voit très bien la division de Cassini sur tout le tour de la planète mais pas la division de Encke (faut pas pousser tout de même), l'image semble figée. Au départ je crois à un plantage du PC mais en bougeant légèrement le tube, je vois que non, c'est bien du direct ! J'envoie l'acquisition tant que je peux. Plus je ferai d'images, me dis-je, et mieux ce sera. Hélas, Saturne est déjà presque de l'autre côté du balcon chez le voisin. Après 1600 frames capturées, je relance un AVI histoire d'assurer, mais là l'image s'assombrie, Saturne passe et je sais que je ne referai plus d'image de la planète aux anneaux ce soir.
Je repart à ma tembouille car la soirée approche. En attendant la suite de l'observation, j'envoie l'AVI en prétraitement dans Registax, curieux de voir le résultat. Avec le PC que j'avais à l'époque, dans ce format d'image avec 1600 frames, celui-ci à travailler presque 3 heures au compositage. Woah, je ne ferai pas çà tous les jours ! Une fois le compositage terminé, l'image apparait. Je me dis, "ben c'est pas si mal !" Alors, j'applique quelques ondelettes Dyadic qui vont biens et là je sais que l'image va être bien. Je suis toutefois un peu agacé car dans la précipitation lors de l'acquisition je n'ai pas remarqué que le centre du disque saturait. D'ailleurs, sur les brutes çà ne se voyait pas vraiment. Je tente de compenser le problème sous Photoshop, l'image est lisse, assez détaillée mais une petite rectification de la colorimétrie s'impose car celle-ci est un peu pâle. Un dernier petit coup de masque flou, un second lissage, voilà, elle est bien comme çà, même si j'ai toujours cette saturation du centre du disque. Enfin, je me dis que je pourrai en refaire des comme çà plus tard en améliorant encore le compositage et la technique de traitement. Toutefois, c'est à ce moment là, ma plus belle image avec une webcam et je suis pas mécontent de moi, pour une fois.
J'envoie l'image par e-mail chez le revendeur du Clavius, comme je le faisais de temps en temps, en leur expliquant comment j'ai réalisé l'image, que je trouvais pas mal pour un instrument de cette gamme, mais pour leur dire que j'étais satisfais de mon achat. Sur ce, je reçois coup de fil de la part d'un des concepteurs du Clavius, me faisant toutes les éloges possibles et imaginables sur mon image. J'avoue être un peu étonné. Elle est bien oui, mais bon, on a vu mieux (peut-être pas avec un 160mm mais il est vrai que le moment de seeing était je pense exceptionnel). Il m'explique que la production du Clavius était suspendue pour une durée indéterminée et qu'ils étaient prêts à arrêter définitivement la production. Cependant, au moment où ils avaient le moral dans les chaussettes, l'image de Saturne à relancer l'envie de continuer l'aventure et c'est tant mieux. En effet, la société distributrice du produit (dont c'était l'activité annexe) à déposer le bilan sans rien dire à personne et après avoir fait quelques coups fourrés à l'encontre des concepteurs du Clavius. En attendant de trouver un nouvel industriel et un nouveau distributeur les concepteurs en ont profité pour paufiner l'instrument et concevoir des diamètres plus importants.
Lors de la même conversation téléphonique, l'un des concepteurs me conseille de faire publier l'image dans Ciel&Espace. J'avoue que j'ai hésité plusieurs semaines car ce n'est pas trop dans mon esprit d'astronome amateur. Je préfère la diffuser sur un forum, espérant en faire profiter à d'autres et aussi échanger les conseils des uns et des autres dans l'espoir de réitérer l'exploit plus tard. Malgré tout, l'image sera quand même dans un numéro de Ciel&Espace quelque mois après, noyées parmi tant d'autres belles images de Saturne.
En attendant, les éloges mais surtout les critiques infondées sur l'image fusaient sur les forums prétextant même qu'elle n'avait pas été réalisée avec le Clavius. Ben, non, voyons ! Avec quoi d'autres, alors ? Des propos calomnieux ont prétendu que l'image avait été truquée, que c'est pas moi qui l'avait faite, etc... Un an après j'ai une personne qui m'écrit et qui relance le débat en affirmant haut et fort que compte-tenu de mes travaux précédents avec le Clavius et de la qualité de l'image, il n'était pas possible que j'ai pu faire celle-ci avec un télescope de 160mm. J'aime bien les critiques, c'est nécessaire pour avancer en astronomie, mais uniquement lorsqu'elles reposent sur quelque chose de concret et qu'elles ne sont pas gratuites mais plutôt constructives. Maintenant, la même personne me demande de prouver que l'image a été réalisée avec l'instrument. J'en suis bien incapable pour la bonne raison que je n'ai pas conservé le film dans l'espoir de refaire d'autres images tout aussi biens mais surtout parce qu'à l'époque, ne possédant pas de graveur sur mon portable et ayant un disque dur de faible capacité, je n'ai pas voulu encombrer mon PC avec un fichier très lourd. Bon, oui, j'ai pas eu le réflex de faire une sauvegarde via un graveur externe emprunté à quelqu'un. C'est une leçon que je ne suis pas prêt d'oublier mais c'est pas pour autant que je suis un menteur ! Et après tout, puisque cette personne prétend une telle chose, à elle de prouver que l'image n'a pas été faite avec le Clavius, puisqu'apparemment celle-ci n'a que çà à faire que de bafouer le travail d'autrui !
Voilà, si vous avez du temps à perdre ou si vous voulez vous faire une idée de l'ambiance reignante à chaque fois que l'on prononce le mot 'Clavius', les liens suivants sont là pour çà ! Quand je dis que le Clavius fait couler beaucoup d'encre, je devrais dire qu'il fait s'illuminer beaucoup de pixels.
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum3/HTML/000381.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/000013.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/000052.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/000122.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/000177.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/000670.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/000823.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/000917.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/001048.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/001061.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/001423.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/001483.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/001676.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/003511.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/003511.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/004115.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/004536.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/004593.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/005551.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/009580.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum2/HTML/009708.html
http://www.astrosurf.com/ubb/Forum3/HTML/000067.html


IMAGES

Voici ci-dessous, quelques images réalisées avec le Clavius 166 de 1ère génération. Toutes ou presque ont été réalisées en ville depuis mon balcon ou le parking de la propriété où je loge temporairement à Los Angeles. Toutes ont été réalisées à partir d'une webcam ou un appareil photo compact numérique.

REMARQUES LES PLUS COURANTES

Ces remarques sont souvent faites par des personnes qui n'ont pas une complète connaissance de l'instrument ou du marché de l'instrumentation astronomique amateur. Voici un ou deux exemples :
Un 160mm à 3000 euros, c'est cher ! Combien de fois, a-t-on pu lire cette réflexion sur les forums d'internet ? A première vue, oui, celà représente une somme non négligeable qu'il faut sortir. Si le Clavius était un simple Newton, ou même un Schmidt-Cassegrain, en effet celui-ci est cher. Pour celui qui ne connait pas l'instrument pour ne l'avoir jamais manipulé et regardé les astres avec, il n'y a aucun doute, le Clavius est cher ! Maintenant, des tests ont été réalisés en comparaison avec des instruments réflecteurs et réfracteur de diamètres plus ou moins inférieurs à celui du Clavius. Il s'avère que ce dernier vaut parfaitement une lunette apochromatique de 150mm. Maintenant, je pose les questions suivantes aux personnes qui sont persuadées pour on ne sait quelle raison que le Clavius est cher : A combien revient une lunette apochromatique d'un diamètre de 150 ou 160 mm avec la qualité de fabrication de celle du Clavius ? Quel est le poids de cette même lunette ? Quel est sont encombrement ? Réponses : comptez 3 à 5 fois le prix du Clavius pour une 150mm APO en moyenne, le poids est supérieur à 6.5kg et l'encombrement minimum 1072 mm X 170 mm !
Si quelqu'un trouve un instrument, avec le même rapport F/d, un poids inférieur à 3kg (Clavius II), sans lame ou lentille frontale, aussi compact, donnant les mêmes résultats ou supérieurs, offrant un champ quasi-plan sur 1° d'arc, avec une meilleure rapidité à se stabiliser à la température ambiante et pour un prix inférieur, je veux bien rentrer dans les ordres à la minute qui suit ! Si on veut un instrument de qualité, voire de grande qualité, c'est largement un minimum à dépenser. A l'époque où j'ai acheté le Clavius, j'ai pu me le payer avec mes indemnités de chômage pour l'histoire.


Le Clavius est-il révolutionnaire ? Est-ce que la question signifie, si le Clavius est révolutionnaire, j'achète sinon je n'achète pas ? Il est en tout cas sans concurrent dans sa gamme pour les raisons que je viens d'évoquer.

L'important est de savoir quels sont vos besoins pour pratiquer votre passion. Que souhaitez-vous faire avec un télescope, qu'en attendez-vous. Quelque soit l'instrument que vous acheterez, il sera toujours trop cher si vous ne l'exploitez pas aux mieux de ses performances potentielles. Pour ma part, j'ai jamais autant utilisé mon télescope depuis que j'ai le Clavius car simplement c'est l'instrument qu'il me fallait. Quelque soit votre projet d'achat, réfléchissez s'il répondra à vos critères de recherches et d'utilisation. Il est clair que si j'avais voulu faire du ciel profond à outrance, ce n'est pas le Clavius que j'aurais choisi mais au minimum un instrument de 300 à 350mm de diamètre. Il faut savoir ce que l'on veut et ne pas avoir peur d'y mettre le prix. Comparé à d'autres instruments et étant donné l'usage que j'en ai et les résultats que j'en tire, le Clavius est pour moi plutôt bon marché !

CONCLUSION

Le Clavius est un instrument qui, sans conteste, offre des images de grande qualité. Polyvalent, il procure une finesse d'image et un excellent contrast aussi bien en observation planétaire qu'en ciel profond. Sa compacité et son poids font de celui-ci un instrument facile à transporter et utilisable dans de nombreuses situations, n'importe où. C'est un instrument précis, d'une belle finition, idéal pour l'observation visuelle et l'imagerie numérique. Sa planéité de champ est remarquable lors de la réalisation de mosaïque planétaire et les étoiles restent piquées d'un bord à l'autre de l'oculaire, le vignettage est totalement absent. Son tube en fibre de carbone lui permet d'acquérir une stabilité thermique en moins de 30mn ce qui le rend très vite opérationnel pour une soirée d'observation. C'est un télescope destiné aux amateurs exigeants et qui recherchent un instrument efficace pour des observations fréquentes et précises des objets célestes. Grâce à sa queue d'aronde, il peut s'installer sur diverses montures. Associé à une monture Perl-Vixen GP, l'ensemble est harmonique et le suivi sans surprise. C'est un télescope qui ne demande plus qu'à acquérir la confiance d'un public objectif et affranchi des nombreuses critiques infondées dont il a fait l'objet. Après c'est comme tout, si l'instrument est bon et l'utilisateur médiocre, l'ensemble ne fera pas de miracle !

Il est certain que cette page-web consacrée au Clavius et à une partie de son histoire ne va pas plaire à tout le monde, voire même pas du tout, et c'est tant mieux ! Réagiront, les personnes qui se seront certainement senties visées dans les propos tenus ici. Je tiens à dire à ces personnes, que si cette page les dérange, elle est en quelque sorte le fruit des divers propos tenus par celles-ci et dont le caractère a été calomnieux et outrageant pour les personnes directement ou indirectement liées aux Clavius. C'est un juste retour des choses...

Dans cette mixture de critiques gratuites, il devient difficile à l'amateur qui serait tenté par l'acquisition de cet instrument de s'y retrouver. Pour ceux, qui n'aurait pas suivi tout l'affaire, j'espère que cette page vous aura aidé à mieux comprendre ce qui s'est passer autour de ce télescope. J'espère également que celà vous aidera dans votre choix, même si vous n'optez pas pour ce fabuleux instrument.

LES LIENS PARLANT DU CLAVIUS

Les liens suivants sont plus techniques et vous aideront à vous familiariser avec le télescope en détails grâce à des images de l'instrument. Ces sites sont de qualité, je vous conseille vivement de les consulter. Mais avant de vous décider à acheter ou ne pas acheter le télescope de vos rêves n'oubliez pas que la meilleure des appréciations sera celle que vous aurez faite par vous-même loin des critiques gratuites et non constructives.
Autres pages à consulter :
(le site de Laurent)
(le site de Jean-Louis Perla)
Fournisseur :
CLAVE
58 rue Vieille du Temple
75003 Paris
tél : 08 707 CLAVE
fax : 01.42.71.13.43
Site web : http://www.clave.fr/
email : mailto:astronom@noos.fr

Didier Favre
Je tiens à souligner que je n'ai aucune relation particulière avec la société Clavé en dehors des relations contractuelles client-fournisseur. Si celà devait changer, vous en serez informés sur cette même page.

Article réactualisé en novembre 2004.